Clone de Le Centenaire de la Grande Guerre, interview de Christian Mantei

By AFP - Relaxnews | Published on 16 junho 2015
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2014 sera l'année du tourisme de mémoire en France

En 2014, la France sera au centre de deux grands événements commémoratifs : le Centenaire de la Première Guerre mondiale, dont les batailles se sont déroulées dans le Nord et le Nord-Est, et le 70e anniversaire du Débarquement de Normandie. À cette occasion, ces territoires se préparent à recevoir de nombreux visiteurs sur les sites de mémoire. Pour Relaxnews, Christian Mantei, le directeur général d'Atout France, l'agence de développement touristique du pays, décrypte les enjeux du tourisme de mémoire.

Relaxnews : Comment peut-on définir le "tourisme de mémoire" ?

Christian Mantei : Le tourisme de mémoire consiste à inviter le public à découvrir des éléments du patrimoine lui permettant d'enrichir ses connaissances sur l'histoire et la culture d'une ville, d'une région ou d'un pays. Il revêt quatre principaux objectifs : témoigner des événements passés et donc en préserver les marqueurs, les traces et vestiges ; expliquer et mettre en perspective ces événements et donc les inscrire dans une approche plus large pour permettre une compréhension globale des faits ; contribuer à la réflexion des générations futures autour d'outils adaptés, accessibles et pédagogiques ; favoriser le développement économique de territoires dépourvus pour certains d'entre eux d'autres atouts touristiques majeurs.

R. : Est-ce vraiment un moyen de mieux comprendre l'histoire ?
C. M. : Oui, ce type de tourisme permet vraiment de découvrir et comprendre l'histoire de façon très concrète. (...) On peut distinguer quatre catégories de sites : les sites témoins, dans lesquels se sont produits les événements (ex. : Omaha Beach, village martyr d'Oradour-sur-Glane, Chemin des Dames...) ; les sites commémoratifs, qui sont des lieux de recueillement, de souvenir (Nécropole de Notre-Dame-de-Lorette dans le Nord-Pas-de-Calais, Ossuaire de Douaumont (Verdun), Mémorial Hartmannswillerkopf en Alsace, etc.) ; les sites informatifs appréhendant l'histoire sous un angle particulier (Mémorial de Caen, Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux, etc.) ; les sites pédagogiques, qui au-delà du témoignage, cherchent à replacer cette histoire dans une approche plus globale et pédagogique avec un souci de tirer du passé des conséquences pour aujourd'hui (Centre Mondial de la Paix de Verdun).
Outre la forte émotion que la visite de certains sites peut susciter, le public en ressort forcément enrichi sur le plan historique et plus personnel...

R. : Ce type de visites attire-t-il autant le public français qu'étranger ?
C. M. : En 2011, sur six départements étudiés (Somme, Calvados, Var, Meuse, Bas-Rhin et Haute-Vienne), 55% des visites ont été réalisées par la clientèle française et 45% par la clientèle internationale, selon une étude d'Atout France et du Ministère de la Défense publiée en décembre 2012. Les Français génèrent 3,5 millions de visites qui sont à 75% effectuées dans quatre zones : le Grand Est (24%), le Grand ouest (24%), l'Ile-de-France (18%) et le Nord (15%). Les clientèles internationales génèrent 2,7 millions de visites et cinq pays représentent 70% de leur fréquentation : Royaume-Uni (17%), Allemagne (16,5%), Belgique (15,5%), Pays-Bas (13,2%) et USA (8,1%).
Leurs objectifs ne sont pas tout à fait semblables : si les clientèles internationales viennent avant tout par devoir de mémoire, la clientèle française souhaite surtout s'informer.

R. : Les territoires de Champagne-Ardenne, Lorraine, Nord-Pas de Calais, Aisne, Meuse, Somme et Vosges viennent de signer un contrat de destination avec Atout France pour se préparer à accueillir les visiteurs lors du Centenaire de la Grande Guerre. Quels en sont les développements ?
C. M. : Ce contrat vise à renforcer la coopération entre ses signataires pour accroître la visibilité à l'international de l'offre touristique liée à l'histoire et rendre encore plus efficace la chaîne d'accueil sur le territoire. Concrètement, près de 48 millions d'euros seront investis par les parties prenantes afin de créer de nouveaux sites, d'agrandir ou de rénover des sites existants, ou de faciliter l'accessibilité à ces sites. Quelques exemples : en Nord Pas-de-Calais, cela permettra la rénovation du Musée de la bataille de Fromelles (réouverture prochaine), l'inauguration le 11 novembre 2014 du nouveau Mémorial international aux soldats tombés dans le département durant la Première Guerre mondiale ; mais aussi l'extension du musée du Chemin des Dames, la Caverne du Dragon, dans l'Aisne ; la valorisation de douze sites de la Grande Guerre dans les Vosges et le Haut-Rhin, avec mise en valeur de chemins de randonnée et création de chemins et tranchées de mémoire ; ou encore la demande d'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco de l'ensemble du Front Occidental pour une obtention souhaité en 2016.

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